Contemplant le dormeur sous sa couette aguicheuse,
Je nous revois dessus l’herbe fraîche des nuits
Où nous laissions la lune aborder notre lit
Et couvrir notre chair d’une main délicieuse.
Il dort dans le couchant, la respiration forte,
Où s’anime avec elle un flot de rêves lourds,
Rêves que nous tenions à chaque instant du jour
Et dont subsiste encore une poignée de porte.
Ses jambes ont vaincus le bleu de la gardienne
Et bougent lentement pour terminer en croix,
Egalement à nous, mais semblable je crois
A nombres d’autres yeux passés à l’Ourse reine.
Attendant son réveil, je pense à vous, et plie
Nos draps marmoréens tachés de pleins pouvoirs
D’où naissaient des idées et mouraient des savoirs
Et d’où s’était levé un froissement de vie.